Aucun message portant le libellé MÉDAC. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé MÉDAC. Afficher tous les messages

2008/02/21

Perdre au change

• La bourse de Montréal, CBC News

NOTE. Ce billet fait suite à celui du 15 février, intitulé Vente de la Bourse de Montréal

Jacques Parizeau estime qu'en vendant la Bourse de Montréal à la TSX de Toronto, Montréal perd l'un de ses centres importants de décision.

Et pour ce «dernier des Mohicans» qui a influencé la création de la Caisse de dépôt et placement (un bas de laine de 254 milliards), cette transaction constitue un risque bien réel pour l'économie du Québec et les emplois du futur.

Monsieur Parizeau faisait ce constat à l'issue d'une conférence (sur vidéo) prononcée devant plus de 300 personnes conviées par le groupe d' Yves Michaud.

Ces gens répondaient au Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) à la suite de l'annonce de la vente de la Bourse de Montréal.

Après la parution de Tout est-il à vendre?, la magasineuse se posait bien des questions.


L'illustre serviteur de l'État a énoncé ce soir-là trois conditions essentielles à cette vente. Il y a également décelé :

l'équivalent d'une prise de contrôle, et non pas une fusion

un abandon par Desjardins, le mouvement coopératif, lors de la vente de ses actions de la Bourse de Montréal

une perte au change pour le Québec, d'où la nécessité d'une révision plus stricte des conditions de cette vente par l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui en a le pouvoir

un éloignement de Montréal du cadre des décisions financières stratégiques

une tentative pour limiter Montréal au marché canadien, et non plus international

une vulnérabilité accrue face à d'autres prises de contrôle


Qu'en est-il du succès?

L'un des aspects inattendus de cette soirée a été l'évocation par Monsieur Parizeau du succès Made in Québec.

Nous sommes si peu habitués à entendre comment on est capables d'être vites... sur nos patins.

À part tout le bien fort mérité qu'on dit du Cirque, de notre Céline en tournée ou de Just For laughs à l'étranger, qu'en est-il?

Ça fait déjà un moment qu'on nous traite de... capables de surpasser l'humiliant record de ceci ou cela, année après année.

On nous fait la morale à qui mieux mieux, on nous dit peureux... ou pas assez inquiets (dès les premiers mots) et manquant de lucidité, ou trop tolérants... un peuple de paresseux par-dessus le marché.

Et là, mon coeur de citoyenne s'est allégé en entendant cette autre version dont personne ne parle jamais, comme par exemple :

L'essentiel de la vente par la Bourse de Montréal, le marché des produits dérivés qui ne payait pas de mine, constitue à lui seul un succès incroyable en passant d'une capitalisation de 34 millions $ en 1999 à 1,3 milliard $ en 2007

La solution technologique SOLAmc, un logiciel de la prochaine génération, est choisie parmi des concurrents par la Boston Options Exchange (BOX) comme nouvelle plateforme de négociation électronique

Avec un actif de 254 milliards $ au 31 décembre 2006, et sans avoir de pétrole, la Caisse de dépôt et placement du Québec fait partie de la ligue des joueurs importants parmi ceux dont la vocation est à l'échelle mondiale


Pas si mal pour ces 7 millions d'habitants trop souvent privés de ce genre feed-back, surtout venant des siens.

• La bourse de Toronto et Richard Nesbitt, l'un des acteurs de la vente du M-X

NOTE. Ce billet fait suite à celui du 15 février, intitulé Vente de la Bourse de Montréal

2008/02/15

Vente de la Bourse de Montréal


• Notre Robin des banques, Yves Michaud et le MÉDAC lancent une invitation le 18 février •

NOTE. Ce billet est suivi d'un compte-rendu de la conférence du 18 février, intitulé Perdre au change.

C'est bien vrai, la Bourse de Montréal qui existe légalement depuis 1874, sera bientôt chose du passé. C'en est terminé pour l'essentiel de sa mission déjà réduite en 1999 et 2001.

Pour la magasineuse?

Or cette ultime acquisition par la Bourse de Toronto est complexe pour une magasineuse munie de quelques adresses de finances personnelles en ligne.

Que signifie cette vente?

Quel en sera l'impact au Québec et sur l'évolution de la bourse canadienne?

Qui en deviendra le réel gagnant?
Sans cesse, la vraie grande question.

Mais qu'en pensent cette fois nos gens d'affaires? Est-ce la fin de Québec inc. et son essor tel qu'observé entre 1961 et 1991 ou de 1967 à 2006?

D'ailleurs est-il possible de partir à la conquête du monde en abandonnant la conquête de soi-même?


L'invitation du 18 février

Beaucoup de questions et bien peu de réponses.

Yves Michaud, président-fondateur du MÉDAC, nous invite à aller au fond des choses... avec Jacques Parizeau,

Le lundi 18 février 2008
19 à 21 heures
Au Gesù - Centre de créativté
1 200, rue Bleury à Montréal


Informations : 514 286 1155 ou admin@medac.qc.ca
Entrée gratuite

Bien sûr, Monsieur Parizeau en a vu de toutes les couleurs. Mais dans ce cas précis, il a le mérite d'être l'un des rares «Mohicans» à se mouiller :

«Parizeau jette un pavé dans la marre», Radio-Canada, entrevue du 1er février 2008

«L'interminable débat», Le Devoir, opinion publiée le 13 février 2008

«Tout est-il à vendre?» Université de Sherbrooke, texte publié le 14 février 2008

Et la magasineuse ajoute librement que sont les amis devenus, comme c'était jadis la coutume!

Du reste, ce transfert de nos opérations boursières était-il inévitable?


Un appel à la sagesse


Fidèle à sa réputation évoquée d'ailleurs par l'animatrice Christiane Charette, Monsieur Michaud a répondu présent à Jacques Parizeau, son ami.

Pour ma part, j'aimerais bien revoir à Télé-Québec le documentaire Québec inc. La petite histoire... (2002), de Marc Renaud et Gil Courtemanche et d'une durée totale de 1h14.

Il s'agit d'un récit historique sur l'entrepreneurship à la québécoise, sur la solidarité et le rôle joué par une remarquable classe politique et son ingénieuse créativité sur tous les fronts.

En quelques années, ces dirigeants aux allégeances diverses ont opéré une révolution économique, mais il en est rarement question.

Ils ont su tailler alors une place de choix à nos gens d'affaires et à notre économie, et ont en outre créé notre bas de laine collectif avec la Caisse de dépôt et placement.

À cet égard, rappelons que Jacques Parizeau a promu très tôt l'idée de cette Caisse, à titre de conseiller économique auprès du gouvernement Lesage (dernière photo ou avec Fernand Seguin).

Et en gérant ainsi les épargnes des Québécois, la Caisse est devenue le gestionnaire institutionnel le plus important au Canada.


Québec inc.


Que sont devenus les acteurs «corporatifs» de ce que l'on appelait avec fierté le Québec inc.? À l'époque où en étant 6 millions, «il a fallu se parler»... et autour d'une bière aussi!

Le phénomène de réciprocité initié par Québec inc. a-t-il pris racine après l'ère 1900-1950 ou s'est-il résumé à être un colossal effort collectif de soutien financier en vue de créer les conditions gagnantes pour l'émergence des grandes entreprises actuelles?


Et pour les petits investisseurs? Le Passeport MÉDAC (Reuters)

Rappelons que le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) présente à nouveau aux banques et sociétés ses recommandations pour 2008, même si elles sont parfois rejetées.

NOTE. Ce billet est suivi d'un compte-rendu de la conférence du 18 février, intitulé Perdre au change.